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Balle / dans ton camp Balle dans ton camp, un blog explorant les multiples facettes de l'actualité.

QUOI ? MANGER SON P... ON PERD LA BALLE ?

Balle dans ton camp

Bon, attention aux âmes fragiles, ça va secouer la balle là. On a longtemps hésité à faire ce sujet, et à vrai dire, c’est un peu la party, le game, c’est ce qu’on s’était dit : No limit, que ce soit dans la thématique ou sur le ton utilisé.
 

balle


Tout part de là :

"Bonjour à tous!

Une petite question me taraude ! 

Étant enceinte de plusieurs mois je souhaiterais après l'accouchement manger mon placenta car c'est vachement bon après l'accouchement !

Mais est ce que c'est végétarien ? ?

Votre avis? »

 

Outre le ton traversé de convictions, laissons nous conquérir par l’air quelque peu absent de la locutrice : c’est vrai que de fait le placenta, si on veut le manger, il vaut mieux le faire après l’accouchement, au moins pour des raisons pratiques. Mieux, il y a cette interrogation sur un aspect de la chose là où elle pourrait mener à d’autres questionnements : ainsi, avant de se demander si avaler des placentas est vegan ou non, ne serait-ce pas une bonne idée également de demander si avaler des placentas est sain ou non ?

Cela me rappelle un ami qui me demanda un jour : si je couche avec ma soeur qui est enceinte, est-ce que son bébé peut tomber enceinte ? Bref, qu’une histoire de détails tout ça, penchons nous un peu plus sur cette jolie activité qu’est la consommation de placentas.

 

Depuis peu, outre Atlantique, un phénomène détonnant et à la mode arrive dans le monde des êtres humains : la consommation du placentas qu’on récupère à la grossesse. À savoir qu’en France, il est interdit de récupérer son dû. Maintenant, plusieurs raisons peuvent expliquer cette tendance. Du point de vue de la santé, le placenta est empli de vitamines B12 et de fer. Certains spécialistes pointent également une manière de lutter contre la dépression post natal, nommée aussi dépression « post-partum ». Beaucoup de mammifères mangent leur placenta. Nous sommes des mammifères, donc pourquoi pas nous ?

Bref, entre placebo et réel effet, la frontière est si mince :

Une infirmière aurait fait une expérience lors d’un accouchement, en pensant que la consommation de placenta en lasagne sauce aigre douce allait améliorer sa peau et ses cheveux et permettre de prolonger d'une semaine la sensation de plénitude due à la grossesse. Selon ses dires, cela aurait même favorisé ses montées de lait, même s’il avait un petit goût sucré en arrière bouche, et cela aurait aussi permis d’entretenir une euphorie post natale : « je me sentais si forte, j'avais l'impression de pouvoir tout réussir, j’ai grimpé le mont Everest, sauvé un bus en flamme, j’ai compris que moi, j’étais placenta… J'ai continué de manger des morceaux de placenta en variant les recettes : en rôti, en smoothie, en soupe, … J’ai voulu aller plus loin en consommant du placenta cru, pour préserver l’ensemble des nutriments et énergies présents dans l’organe, perfectionnant au passage ma méthode pour le préparer : couper des petits morceaux que je plaçais directement au fond de la gorge et que j'avalais rond, sans ressentir le goût. Pendant cette période, chaque fois que j'ai ressenti de la tristesse ou du découragement, j'ai avalé un petit morceau de placenta cru qui a agi comme un anti-dépresseur immédiat ».

 

Maintenant, la pratique n’est pas sans danger. Citons Cynthia Coyle, psychiatre : "Notre sentiment est que les femmes optant pour la placentophagie – et qui devraient être autrement plus attentives à ce qu’elles ingèrent durant la grossesse et la période d’allaitement – ont pour volonté de manger quelque chose sans disposer d’aucune preuve des bénéfices et, plus important encore, des risques potentiels pour elles et leur enfant […] Il n'existe aucune régulation sur la façon dont le placenta est stocké et préparé : les femmes ne savent vraiment pas ce qu'elles mangent. » (ici et ici).
Après, qui peut juger ? Tant que les dispositions sont prises pour que ce soit fait dans des conditions sanitaires certaines, ce qui va être compliqué pou
r les différentes raisons évoquées par les spécialistes : conservation, hygiène, chaîne de froid. Et en plus, aucune preuve scientifique ne confirme les réels effets de la consommation de placenta.

 

balle

Vous noterez qu'on a mis l'image en petit, on s'est dit que c'était moins stupéfiant ainsi et que les curieux auraient tout le loisir de mener leur recherche.

 

En tout cas bonne appétit ! Et la balle est dans votre camp.

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