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Balle / dans ton camp Balle dans ton camp, un blog explorant les multiples facettes de l'actualité.

Balle de débat: la vérité est-elle aimable ?

Balle dans ton camp

Pour s'amuser, on a pris un sujet un peu philo et on en a fait une dissertation ! Dites nous ce que vous en pensez ? Faut-il croire en la vérité ou non ? La balle est dans votre camp !

balle



 L’amour de la vérité semble partagé par la plupart des hommes lorsqu’il s’agit de trouver les preuves nécessaires à l’établissement d’une vérité pratique (preuves d’un fait historique, de l’existence de sentiments, preuves d’un crime) ou de penser la cohérence et la validité d’une vérité théorique (vérités scientifiques ou philosophiques).
La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement sur l’objet.
Ce qui est aimable est ce qui mérite d’être aimé, or n’aime t’on pas que ce qui est bon et moral? Si elle est aimable, cela revient à dire qu’elle est bonne, et donc qu’il faut l’aimer. Cet amour peut consister dans le sentiment qu'on a pour ce qui nous donne du plaisir sans s'intéresser au plaisir reçu par ce qui nous en donne. Cet amour peut au contraire, être le sentiment qu'on a pour celui qui par son plaisir ou bonheur, nous en donne. Donc la question de l’amabilité est de savoir si la vérité doit être aimée pour elle-même ou bien ou bien uniquement pour le plaisir qu’elle nous procure.

Problématique : La vérité est elle aimable en soi, ou n’est elle pas plutôt aimable en tant que moyen de satisfaction ? Dès lors qu’elle devient un moyen, ne faut-il pas se méfier de son usage, et plus encore, renoncer à son existence?

 

 

  1. La vérité, par identification au bien, est aimable en soi

 

La vérité est aimable car elle est le ciment des relations humaines :
En effet elle semble nécessaire pour bâtir des relations de confiance avec autrui. Comment fonder de telles relations si l’on accepte le mensonge ? Si je m’autorise à mentir, je dois penser que d’autres aussi mentent. Il n’est alors plus possible de faire confiance à quiconque. Mais que devient la vie sociale alors ? Kant voit le mensonge comme la négation du respect de soi (car l’autre n’est autre qu’un alter-ego, un autre moi)  et donc de ce fait le non-respect de toute l’humanité puisque chaque être humain est en lui-même tous les hommes.
Les hommes ont besoins de certitudes pour vivre ensemble donc en cherchant la vérité, on cherche à abolir la séparation entre ceux qui trompent et ceux qui sont trompés. Elle vise à l’égalité des hommes.
Ex : Une personne accusée se verra défendue par justice qui devra chercher la vérité et donc si la personne qui accuse ment, la vérité permettra de disculper l’accusé à tort.

La vérité est aimable car elle offre des avantages : La vérité est ce qui est utile à l’homme : dimension pragmatique (Le pragmatisme est une méthode philosophique tournée vers le monde réel, parfois résumée comme une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement) donc au sens large du pragmatisme, ce qui est vrai est ce qui est avantageux.
Ex : L’idée de Dieu n’est vraie que si j’en tire profit ! Ainsi, quelqu’un va d’autant plus croire en la véracité de l’existence de  Dieu que si il sait qu’en suivant les rites d’une religion, il deviendra un homme « meilleur » : qu’il en tirera des avantages.


La vérité est aimable car elle permet de retrouver un jugement critique : En effet, elle permet de différencier l’apparence de l’être et de ce fait nous confère une certaine réflexivité sur les choses.
Ex : Dans l’allégorie de la caverne de Platon, le prisonnier est trahi par ses sens lui laissant envisager que l’apparence des choses sous forme d’ombres mais lorsqu’il atteint le monde extérieur il accède à la vérité et comprend d’où proviennent ses ombres (non sans mal) ce qui lui permettra de mettre à distance ce qui viendra à lui lorsqu’il retournera dans la caverne.

 

  1. Mais cet amour ne se base-t-il pas uniquement sur les avantages que l’homme tire de la vérité plutôt que sur l’essence même celle-ci ?

 

L’amour de la vérité pose un paradoxe: Si on admet l’amour comme un sentiment qui nous est procuré par le plaisir de l’autre, alors ce dernier est désintéressé, on ne cherche pas son propre plaisir ou bonheur mais celui de l’autre et ne peut viser que des humains. Aimer c’est alors vouloir du bien avant de vouloir son bien. Mais de ce point de vue, la vérité ne peut pas être aimable en soi puisqu’elle est dépourvue de sentiments ! De plus le bien qu’elle réalise doit toujours être rapporté à la personne qui en tire un avantage, un plaisir.
Ex : Tous les cas cités précédemment. On aime les conséquences, les avantages de la vérité et non son essence même.


La vérité n’est aimable que lorsqu’elle permet de réaliser le bonheur : la vérité peut venir contredire le bonheur de l’individu : Comme le dit le dicton « Toutes les vérités ne sont pas bonne à dire ». Doit-on dire la vérité si elle vient blesser une personne ?
Ex : Si une personne est heureuse et que l’on sait qu’elle est condamnée à mourir sous peu, doit-on lui briser ses derniers instants d’existence ? Ce n’est pas si évident que ça.
Parfois le mensonge semble donc nécessaire et donc ce qui nous prête à penser que l’homme n’est pas un homme de vérité, ce n’est pas une caractéristique qui lui est propre. C’est le bonheur qui est aimable et la vérité n’est aimable que lorsqu’elle permet de le réaliser !

 

Donc en tant que moyen, elle peut être détournée et devenir un outil de manipulation : D’un point de vue pragmatique, si ce qui est vrai est utile (comme nous l’avons vu) alors dans certains domaines la vérité est détournée par une sorte d’exagération l’amenant parfois jusqu’au mensonge.
Ex : Dans la publicité, certaines annonces font l’éloge d’un mensonge pour maximiser l’attrait du client.
De plus, de ce point de vue la vérité risque d’être asservie puisque le danger serait qu’elle soit récupérer par les démagogues qui vont vouloir plaire par des mesures populaires mais contre l’intérêt général. 

 

La vérité n’est donc pas aimable en soi, ce n’est pas son essence que nous aimons mais seulement l’avantage ou le bonheur supposé qu’elle procure. Elle devient donc un moyen de satisfaction et peut donc être détournée. Ne doit pas se méfier alors de la vérité en tant que moyen ? N’est elle pas une illusion créer pour manipuler ou amollir l’homme, position rassurante certes, et qui donc témoigne de sa faiblesse ?

  1. Thèse : Il est préférable d’assumer l’absence totale de vérité


La vérité absolue n’existe pas, elle est propre à chacun : La vérité qu’elle soit scientifique, théorique ou religieuse est le fruit de notre pensée. Elle est donc née dans notre esprit un jour et par conséquent elle est relative à chacun : soit c’est une quête individuelle et donc non-universelle, soit il s’agit d’une vérité scientifique mais là encore cela prête à discussion.
Ex : Les fondements absolus des maths ne sont pas démontrés, alors que doit-on penser de la vérité concernant ce que l’on étudie en maths si ce n’est à l’origine une création de notre esprit ?
On peut alors penser que l’essence même de la vérité n’est qu’une illusion, libre à chacun de choisir d’accepter son existence ou de la nier !

 

Il est même préférable d’assumer l’absence totale de vérité :
On a vu précédemment que la vérité en tant que moyen implique que la vérité ne serait qu’un moyen de parvenir à une certaine satisfaction et donc pourrait se révéler source de manipulation des foules et non une fin en soi. Selon Nietzsche la vérité est une création du métaphysicien et du religieux dont le seul but est de créer un monde rassurant, le « vrai » monde. Si les hommes se réfugient dans la croyance en un monde permanent et qui ne change jamais (cf monde intelligible de Platon, allégorie de la caverne/ « l’autre monde » des religieux) et inventent des valeurs morales, c’est pour se protéger des forts, de ceux qui n’ont pas besoins de vérités rassurantes. Pour lui il n’y a ni vérité, ni mensonge : il y a seulement la vie et le danger de la vie que l’on accepte ou que l’on refuse mais ce n’est pas parce que « la vérité sauve qu’elle est vraie ».
Il faut donc s’émanciper de ces dites vérités.

 

Conclusion : On ne peut donc pas dire que la vérité en elle-même soit aimable car à proprement parler il n’y a ni bien ni mal. Elle constitue seulement un moyen, c’est-à-dire que l’homme va aimer la vérité pour autant qu’il en tire satisfaction : c’est entre autre pourquoi la vérité est une notion relative à chacun. Ainsi en tant que moyen elle peut se révéler être un danger ou une consolation menant à l’asservissement de ceux qui croient en la vérité par ceux qui l’ont crée comme qualité suprême. C’est pour cela qu’il est préférable de vivre en assumant l’absence totale de vérité et de mensonges et en acceptant la vie dans toutes ses difficultés.

Es tu d'accord avec nous ? La balle est dans ton camp ! 

 

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